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Laetitia Lowendal Thérapeute
Femme assise dans une cage dont la porte est ouverte, un chemin lumineux au-dehors
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La prison invisible

Ces relations qui enferment sans barreaux, et le chemin pour en sortir.

Lorsque l'on pense à une prison, on imagine des murs, des barreaux et une porte fermée.

Les relations toxiques ressemblent rarement à cela. La prison est invisible. Et pourtant, elle enferme.

Le plus étonnant, c'est que la porte est ouverte. Personne ne la verrouille. Mais celui ou celle qui y vit ne la voit plus. Ou, plus exactement, il ne croit plus qu'il est capable de la franchir.

Au début, il ne s'agit que de petits renoncements.

Vous évitez un sujet pour ne pas créer de conflit. Vous choisissez vos mots avec davantage de prudence. Vous voyez moins certains amis. Vous abandonnez une activité qui vous faisait du bien. Vous vous excusez plus vite. Vous faites passer les besoins de l'autre avant les vôtres.

Vous vous adaptez. Puis vous vous adaptez encore.

Jusqu'au jour où vous ne savez plus très bien où vous vous trouvez, vous.

Vous avez cessé de vivre selon ce qui est juste pour vous. Vous vivez en fonction de ce qui évitera une dispute, un silence, un rejet ou une critique.

La prison ne s'est pas construite avec des barreaux. Elle s'est construite avec la peur.

La peur de perdre l'autre. La peur d'être abandonné. La peur de ne pas être assez. La peur de recommencer une vie seul.

À force de s'adapter, on finit parfois par croire que l'on n'a plus le choix.

Pourtant, le choix existe encore. La porte est ouverte.

Mais lorsque l'on a vécu longtemps dans cette prison invisible, sortir ne dépend pas uniquement de la volonté.

Il faut souvent retrouver une chose essentielle : la confiance en soi. La confiance en son ressenti. La confiance en sa capacité à vivre autrement.

C'est là que la thérapie prend tout son sens.

Non pas pour décider à votre place de quitter ou de rester. Non pas pour vous dire ce que vous devez faire. Mais pour vous accompagner à retrouver votre liberté intérieure.

Pour remettre de la lumière là où la confusion s'est installée. Pour comprendre comment cette prison s'est construite. Et surtout, pour vous aider à retrouver cette partie de vous qui sait encore qu'une autre vie est possible.

Le rôle du thérapeute n'est pas de vous pousser vers la porte. Il est de marcher à vos côtés jusqu'au moment où vous pourrez la voir, vous en approcher, et choisir, librement, de la franchir.

Car la plus grande victoire n'est pas seulement de sortir d'une relation toxique. C'est de ne plus jamais oublier que vous avez le droit d'exister pleinement. Et que personne ne devrait vous demander de vous rétrécir pour être aimé.

Vous vous reconnaissez dans cet article ?

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